Kessel

🧠 Kamba n°35 : Guillaume Attias, expert neurosciences

Chaque jeudi, votre pause bureau récréActive

On est foutu, on bosse trop
5 min ⋅ 15/10/2026

Bienvenue dans votre halte hebdomadaire.

Cette semaine, dans l’interview OxygĂšne, on dĂ©couvre le parcours d’un guide du comportement humain.

FEUILLE DE ROUTE KAMBA

Se relier Ă  un Premier de cordĂ©e

Prendre de la Hauteur

đŸ—žïžâ€Šet une bonne BouffĂ©e d'air

ValĂ©rie Daviet, votre rĂ©dac’ chef


1°- DU LIEN HUMAIN

PREMIER DE CORDÉE

Mettre en lumiÚre ceux qui créent du lien et un chemin.

Guillaume Attias

L’art de la dĂ©cision

Expert en neurosciences et en stratégies cognitives depuis plus de 20 ans, Guillaume est le fondateur de Brain Modus OperandiŸ : une approche qui décode les circuits neuronaux du sens, de la tension et de la décision.

Au lieu de grimper en force, Guillaume nous invite Ă  chercher les meilleures prises naturelles : « Nos marchĂ©s sont saturĂ©s. De messages, de promesses, d'arguments. Plus on essaie de convaincre en force, plus on dĂ©clenche la rĂ©sistance. Le cerveau humain n'est pas fait pour ĂȘtre convaincu en force, il est fait pour dĂ©sirer. »


⛰ Notre guide du jour partage avec nous ONZE pierres qui l’ont fait avancer sur son chemin.

1 đŸȘš Votre rituel imparable avant d'attaquer une “paroi” ?

—  Je visualise un objectif et le chemin pour l’atteindre, je ne fais pas de l’atteinte de l’objectif ma prioritĂ© ou mon enjeu. Je me concentre sur la façon de faire Ă  chaque Ă©tape.

« Ce qui m’intĂ©resse ce n’est pas d’atteindre ou non l’objectif, c’est COMMENT j’ai essayĂ©. » 

2 đŸȘš La “gamelle” qui vous a le plus aidĂ© ?

— J’avais 32 ans. Cette annĂ©e-lĂ , au 31 dĂ©cembre : je suis mariĂ©, je veux devenir propriĂ©taire de la maison que je loue, je suis directeur marketing monde d’une marque de vodka (pour le groupe LVMH). Dix jours plus tard, je reçois un coup de fil : le prĂ©sident de cette sociĂ©tĂ© m’annonce qu’il a Ă©tĂ© destituĂ©, et de fait moi aussi, et que je dois dĂ©monter mes 17 Ă©quipes (que j’avais embauchĂ©es dans 17 pays). A effet immĂ©diat. TOUT s’arrĂȘte ! Dans le mĂȘme temps, ma femme demande le divorce. Je n’ai plus les moyens de vivre dans la maison que je voulais acheter. En une semaine, l’histoire est complĂštement réécrite... Mais grĂące Ă  cette grosse gamelle, mon activitĂ© BMO conseil est devenue une acadĂ©mie. Et J’ai rencontrĂ© la mĂšre de mes enfants trois mois plus tard.

3 đŸȘš Votre caillou dans la chaussure, votre plus mauvaise habitude ?

— Ma chronobiologie. Je travaille trùs tard, jusqu’à 2, 3 ou 5 heures du matin (pour me lever à 7 heures). Je ne suis pas du tout du matin ! J’adore bosser la nuit. Et pourtant, j’accompagne des gens sur la gestion du sommeil 😁

4 đŸȘš OĂč ĂȘtes-vous encore trop sage pour sortir du troupeau ?

— Dans pas grand-chose en fait. J’ai plutĂŽt tendance Ă  chercher Ă  m’assagir !

Et pour ce qui est du “troupeau”, j’ai refusĂ© par exemple la communication Ă  la Tik-Tok. Les agences me poussaient vers ça, mais je ne voulais pas du format court, de l’hyper-simplification. Y perdre le fond, non. 

5 đŸȘš Votre dĂ©cision la plus audacieuse prise au doigt mouillĂ© ?

—  Le jour oĂč je dois passer mon diplĂŽme de comptabilitĂ©* (que je prĂ©pare depuis 2 ans), on me propose une mission avec une famille russe - qui dĂ©barque Ă  Bordeaux pour acheter un chĂąteau. J’ai senti l’opportunitĂ©, l’aventure humaine et le potentiel de la mission. Au doigt mouillĂ©, je ne me suis pas prĂ©sentĂ© Ă  l’examen. Une bonne dĂ©cision au final, car j’ai reprĂ©sentĂ© cette famille durant six ans en France (en tant qu’attachĂ© de vie).

*La compta parce que je voulais comprendre les flux financiers d’une entreprise qui fonctionne.

Parmi mes diffĂ©rentes vies professionnelles, je faisais de l’accompagnement de "hautes personnalitĂ©s". Je m’occupais de la partie off de leurs dĂ©placements pros : grands patrons d’industrie, acteurs, chanteurs, roi du Maroc, etc. Ma mission c’était de rester en contact direct avec ces personnalitĂ©s. Pourquoi faire appel Ă  moi ? Parce qu’on considĂ©rait ces profils « difficilement maĂźtrisables Â». J’ai fait plus de 2700 missions dans ce domaine.

6 đŸȘš C’était quoi, la derniĂšre fois que vous avez fait quelque chose pour la premiĂšre fois ?

—  Du pickleball, un sport de raquettes.

« Je voudrais bien savoir qui a mis 24 heures dans une journĂ©e : c'est un vrai scandale ! 😄 Â»

7 đŸȘš Ce qui vous redonne du souffle quand vous ĂȘtes Ă  bout ?

— La musique. Aussi bien du classique, que du jazz, du heavy metal ou de la chanson française à textes. De Claude Nougaro à System of a Down, en passant par du jazz Baton rouge.

« Chaque nouvel an, on se tĂ©lĂ©phone avec un ami d’enfance Ă  deux heures du matin pour se demander : est-ce que tu as des regrets ? Â»

8 đŸȘš La rĂ©action de vos “explorateurs” (vos clients, votre public) qui vous touche le plus ?

—  Quand ils sont en formation chez nous (sur l’origine des comportements humains), et que je vois soudain dans leurs yeux et sur leur visage qu’ils viennent de percuter, de comprendre. Je me lĂšve chaque jour pour ça ! Ou quand ils me disent : « Tu peux pas savoir Ă  quel point cette formation a transformĂ© profondĂ©ment qui je suis ».

9 đŸȘš Le “mantra” qui vous pousse Ă  rester vigilant ?

— Quand deux chemins se prĂ©sentent Ă  toi, prends toujours celui que tu ne connais pas. Je suis ce mantra au pied de la lettre depuis mes 13 ans.

10 đŸȘš 3 objets de survie dans votre sac Ă  dos ?

— Une hache, une corde et une pierre de feu.

11 đŸ„Ÿ Avec quel “guide” (vivant) aimeriez-vous faire cordĂ©e ?

—  Avec Laurent Combalbert.  Un ancien officier de police et nĂ©gociateur professionnel, formĂ© au FBI et ex-membre du RAID. Il travaille avec nous.

◆ ◆ ◆

Suivre Guillaume

Guillaume Attias applique les neurosciences et les sciences cognitives au processus dĂ©cisionnel. Il intervient en entreprise pour dĂ©velopper l’efficacitĂ© commerciale et managĂ©riale.

đŸŽ™ïžLĂ  oĂč tout a commencĂ© pour vous ?

— A l’ñge de 15 ans, je suis dans un lycĂ©e spĂ©cialisĂ© Ă  Bordeaux oĂč on a cours uniquement le matin. Je me pose (et je pose) beaucoup de questions. J’ai la chance de pouvoir les explorer parce de l’autre cĂŽtĂ© de la rue, c’est la facultĂ© des sciences cognitives de Bordeaux. Alors que je suis en Seconde, chaque aprĂšs-midi je deviens un passager clandestin dans les amphis ! Sciences cognitives, sciences comportementales, anthropo, socio
 je fais le tour pour traduire chaque cours en « systĂšme Â» = je fais de la systĂ©mie. Et je m’aperçois que, mĂȘme si ces disciplines ont des systĂšmes propres, elles peuvent s’inter-boĂźter si on trouve l’étiquette commune. D’oĂč ma vision transversale des sciences humaines (au sens large).

Jusqu’au jour oĂč
 je me fais fait choper par un prof. Il veut me mettre dehors, mais quand il jette un Ɠil Ă  mon travail, il dĂ©cide de me prendre sous son aile. L’universitĂ© m’oriente alors vers les branches de mĂ©decine pour que je puisse rĂ©unir dans mon approche, les neurosciences et les sciences cognitives. Tout a commencĂ© comme cela.

đŸŽ™ïž Peut-on dire que vous ĂȘtes un chercheur ?

— Pas Ă  proprement parler. Je fais de l’analyse de comptes-rendus de recherche. J’essaie de comprendre toutes les derniĂšres avancĂ©es pour pouvoir les rendre directement applicables dans la sociĂ©tĂ©. Certains disent que c’est de la recherche. D’autres, non, parce que la « vraie Â» recherche c’est la recherche fondamentale. DĂ©bat de scientifiques. Je prĂ©fĂšre dire que je fais de l’application de recherche.

đŸŽ™ïž ConfĂ©rencier dans l’ñme ?

— Oui, j’adore le contact. C’est lĂ  que je m’éclate le plus. Scoop, regardez : j’ai retrouvĂ© une photo de moi Ă  9 ans, sur scĂšne au théùtre.

« Mon pĂšre Ă©tait kinĂ©-ostĂ©o, ma mĂšre infirmiĂšre en bloc devenue esthĂ©ticienne. Dans la famille, on me regardait un peu comme un extra-terrestre. Â»

« Mon Ă©diteur et les libraires ne savent jamais dans quel genre classer mes livres : socio, psycho, techno, dĂ©veloppement d’entreprise, dĂ©veloppement personnel ? đŸ˜Š »

Le prochain livre de Guillaume Attias : Être et devenir humain à l’ùre de l’IA 📙

K  A  M  B  A  |  M  É  D  I  A
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N°35 — JEUDI 15 octobre 2026

2°- DE LA HAUTEUR

EH OUI | Jammy

Notre cerveau ne ressent pas la douleur.

Un comble pour l'organe qui gĂšre toute la douleur de notre corps : le cerveau n'a pas de capteurs de douleur. Les chirurgiens peuvent nous opĂ©rer le cerveau pendant qu’on est rĂ©veillĂ©, on ne sentira rien (les maux de tĂȘte ça vient des vaisseaux sanguins et des membranes).


POINT | de bascule

S’appuyer sur de puissants leviers du cerveau humain, est-ce apprendre à MANIPULER ?

Oui rĂ©pond Guillaume Attias : « Manipuler, c’est mettre en mouvement quelqu’un. Si quelqu’un est au bord d’un building et veut se jeter dans le vide, je n’ai aucun problĂšme Ă  le manipuler pour qu’il fasse trois pas en arriĂšre et le mettre en sĂ©curitĂ©. LĂ  oĂč ça me pose un problĂšme, c’est quand on lui fait faire trois pas en avant. »

L’éthique est ce qui doit nous dĂ©finir en tant qu’ĂȘtres humains, mais comment le faire si nous n’avons ni conscience ni connaissance des mĂ©canismes profonds qui rĂ©gissent nos actions ?

âœđŸ» Vous avez quatre heures.

« Si vous ne prenez pas le contrÎle de votre esprit, quelqu'un d'autre le fera. » Napoleon Hill


LANGAGE | des oiseaux

Convaincu → con vaincu

Guillaume Attias : « Chercher Ă  convaincre, c’est vouloir vaincre un con. Personne n’a envie d’ĂȘtre un con vaincu. »

📌 La “langue des oiseaux”, c’est une langue fictive, sonore et mystique, qui nous rĂ©vĂšle le sens cachĂ© des mots.

3°- LA BOUFFÉE D’AIR

JEU DE MOTS

ĂȘtre ange | SubstackĂȘtre ange | Substack


SMALL TALK

— Le trou dans la couche d’ozone n’a jamais Ă©tĂ© aussi petit depuis 30 ans.

— Tu parles, le trou de la sĂ©cu n’a jamais Ă©tĂ© aussi gros.


TAKE A WALK

©Maarten Inghels©Maarten Inghels


D’UN MOT

Deal-aime


D’UN TRAIT

Facebook : Voutch Club OfficielFacebook : Voutch Club Officiel


ENCORE UNE JOURNÉE

Sans mettre les mĂȘmes chaussettes. 😊


C’EST BEAU

Je porte en moi tous mes visages passés, comme un arbre ses cernes.

Tomas Tranströmer

PoĂšte suĂ©dois (1931-2015), l’un des Ă©crivains scandinaves les plus importants depuis la Seconde Guerre mondiale. Sa poĂ©sie a Ă©tĂ© traduite en plus de 60 langues. Prix Nobel de littĂ©rature 2011.

PANORAMA

Ma bouffée d'air le week-end dernier à Gruissan (Aude)Ma bouffée d'air le week-end dernier à Gruissan (Aude)


MERCI À TOUS CEUX

Qui taillent, façonnent, scient, poncent, lissent. Qui prĂȘtent, remboursent, soutiennent, accueillent, Ă©paulent, donnent sans contrepartie. Et aujourd’hui plus que jamais, merci Ă  tous ceux qui font avancer la recherche sur le cancer.


POUR LA ROUTE

Vivre, à quoi ça sert

de SƓur Emmanuelle (Ă©ditions Flammarion)

« Une vieille religieuse de 95 ans » qui nous fait partager la libĂ©ration que lui a apportĂ© la pensĂ©e du philosophe Pascal. « Cet homme est de tous les temps parce qu’il ne s’arrĂȘte pas Ă  l’apparence. »

TrouvĂ© dans une boĂźte Ă  livres. đŸŠȘ



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Le mot "Kamba" en Swahili ne désigne pas seulement la corde, mais l'art de relier.

Vous en voulez encore les alpinistes du quotidien ?

Il faudra attendre jeudi prochain.

Pour joindre la rédac : contact@bekamba.fr

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𓅃 Ć’il d’aigle et plume souple, mettre les MOTS sur votre singularitĂ©.

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đŸš© Si vous lisez KAMBA, c’est que votre to-do list ressemble Ă  la face nord de l’Everest ou que votre dernier fou-rire au bureau remonte Ă  la crĂ©ation de la police Comic Sans MS.

KAMBA vous fait du bien ? Faites connaĂźtre Ă  un ami.

 © Kamba, 2 bis rue Guynemer, 17100 Saintes - FRANCE (2026)

On est foutu, on bosse trop

Par Valérie DAVIET