🐻 Kamba n°14 : humour, altitude et cohésion

4 minutes et demie de respiration légère.

On est foutu, on bosse trop
6 min ⋅ 07/05/2026

DU L I E N

PREMIER DE CORDÉE | L’interview oxygène

Chaque semaine : mettre en lumière un “guide” qui crée du lien et un chemin.

Mélanie QUINTAS SAMPAIO

Actrice de sa vie

Cette semaine, j’accueille une battante qui a décidé un beau matin de couper au montage le confort du salariat, pour s'offrir le premier rôle dont elle rêvait.

Si je devais le présenter à la Friends (la série), cet épisode du jeudi s’appellerait : Celle qui a déchiré le script (tout tracé).

Dans le film de sa vie, Mélanie aurait pu jouer le rôle de la Working Girl. Le scénario était écrit d’avance, validé par la production (papa-maman) et doté d’un budget confortable : BTS commerce international, Master en marketing digital, bon salaire... Bref, un long-métrage linéaire sans fausse note, tourné en 4K.

Mais voilà : Mélanie voulait être actrice. Et une actrice, ça sait quand le scénario manque de souffle.

Lumière sur une jeune femme de 24 ans qui n’est pas venue faire de la figuration. Moteur, ça tourne... et action🎬

©The Pivoters©The Pivoters

🛤️ Notre guide du jour partage avec nous ONZE pierres qui l’ont fait avancer sur son chemin.

🪨 Votre rituel imparable avant d'attaquer une “paroi” ?

- Je prends un temps pour moi, pour me recentrer et respirer. Je me dis que : quoi qu’il arrive, il y aura toujours une leçon à en tirer.

🪨 La “gamelle” qui vous a le plus aidée ?

- C’est de voir mes parents peinés par mon choix de carrière.

Je me demande encore pourquoi j’ai fait le choix de m’éloigner du chemin tout tracé, et par conséquent de ma famille (en quittant Vannes pour Bordeaux). Voir mes proches peinés, ça m’attriste. Mais cela me montre que je suis courageuse et que je peux vivre pour moi, pas pour faire plaisir aux autres.

« Quand on m’imagine dans un rôle, on me met souvent dans la case de la grande sœur, de la leader, ou de la maman qui souffre sans le montrer. J’étais capitaine de mon équipe de basket, ça doit venir de là ☺️ »

©MyDigitalSchool©MyDigitalSchool

🪨 Votre “caillou” dans la chaussure ?

- J’attends le dernier moment, je repousse. Je me dis que sous pression, avec l’adrénaline, je travaille mieux (et ça m’arrange…).

🪨 Où êtes-vous encore trop “sage” pour sortir du troupeau ?

- Clairement, quand je ne me sens pas capable de faire quelque chose de grand. L’autre jour j’ai même évité un casting parce que c’était une production Canal Plus… Je suis aussi trop sage quand je n’ose pas montrer mon grain de folie sur un plateau.

🪨 Votre décision la plus audacieuse prise au doigt mouillé ?

- Refuser un CDI pour partir au bout de mon rêve (de devenir actrice).

« Depuis toute petite, je me pense actrice. J’y croyais à fond... Aujourd’hui, je dis que chez moi le besoin a dépassé l’envie. »

🪨 C’était quoi, votre dernière… première fois ?

- Créer et réaliser un clip.

Un “clip contemplatif” : c’est quand on tourne des images sans dialogues sur une musique. Ça permet d’explorer des émotions. J’ai monté mon équipe, j’ai choisi mes acteurs, j’ai tourné les images.

🪨 Ce qui vous redonne du souffle quand vous êtes à bout ?

- Le cercle proche : des vidéos de mon neveu, passer du temps avec ma copine et mes amis, appeler ma famille. Mais aussi : JOUER sur scène, ma bouffée d’air frais !

« Avec le métier d’acteur, le chemin n’est jamais fini. Et l’échec prend une grande partie de ce chemin. »

 La réaction de vos “explorateurs” (le public) qui vous touche le plus ?

- Quand ils me disent : qu’ils ont ressenti plein d’émotions, qu’ils ont passé un super moment, qu’ils y ont cru, que ça leur a stoppé le quotidien.

©Hobo Ciné Bordeaux©Hobo Ciné Bordeaux

🪨 Le “mantra” qui vous pousse à rester vigilante, à ne pas vous perdre ?

- N’attends pas de regretter.

« Mes inspirations ? Adèle Haenel, pour son côté très engagé : elle ose parler, pointer du doigt des choses et dire non à des projets qui ne sont pas en adéquation avec ses valeurs. 

Et chez les hommes, je dirais Christian Clavier : pour moi c’est l’un des meilleurs dans la création des personnages. »

🪨 Trois objets de survie dans votre sac à dos ?

- Un carnet avec un crayon, une caméra et de la musique épique.

🪨 Avec quel “guide” (vivant) aimeriez-vous faire cordée ?

- Jim Carrey.

J’ai grandi avec le film The Mask en boucle… Chacun son bonhomme vert 😁

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Mélanie Quintas Sampaio

Originaire du Portugal, mais élevée au grand air du Morbihan, Mélanie n'est pas une figurante du dimanche. A l’âge de 10 ans, elle intègre une compagnie de théâtre professionnelle régionale. « J’y suis entrée sur casting. Je tournais avec la troupe le week-end et pendant les vacances scolaires. J’étais payée pour ça. Jusqu’à mes 14 ans. Une expérience très riche. »

Pour « sécuriser » son parcours (et rassurer ses parents), et comme elle « aime les langues », la jeune artiste poursuit ses études avec un BTS commerce international. Son envie de « créer des choses » l’oriente ensuite vers le marketing digital. Elle décroche son Master en alternance. « J’ai d’abord travaillé pour une entreprise de compléments alimentaires à Brest. Puis j’ai enchaîné à Vannes comme chef de projet dans une agence spécialisée dans les sites vitrines et e-commerce. A la fin de mon Master, ils m’ont proposé un poste de responsable en CDI. J’étais bien payée, j’avais mon appart’, tout était sur les rails, mais pourtant il me manquait quelque chose… »

Mélanie termine actuellement sa 2ème année de formation acting à l’école Hobo Ciné de Bordeaux. Le week-end, elle travaille sur les marchés pour financer ses études… et les futurs castings parisiens.

Court métrage "Le Choix", avec Mélanie Quintas Sampaio dans le rôle de LénaCourt métrage "Le Choix", avec Mélanie Quintas Sampaio dans le rôle de Léna

K  A  M  B  A  |  M  É  D  I  A
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N°14 — JEUDI 07 MAI 2026

○ UN PEU DE H A U T E U R

RECORD | absolu

Le record du plus grand nombre d'entrées en salle en France est détenu par James Cameron avec Titanic (1997). Le film cumule plus de 22,3 millions de spectateurs. C’est un colosse indétrônable qui a bénéficié de sa sortie initiale monumentale et de plusieurs ressorties (notamment pour son 25e anniversaire).

🍿 Du côté des productions frenchies, c'est toujours Dany Boon qui détient le record avec Bienvenue chez les Ch'tis. Plus de 20,4 millions d'entrées.


EH OUI | Jammy


Mais qui a volé les couleurs ?!

Les dernières superproductions américaines, comme Le Diable s’habille en Prada 2, manquent cruellement de couleur (et de magie). Le débat est lancé par les internautes autour de ce qu’on appelle le Netflix look ou Netflix lighting. La raison de cette uniformisation de l’image ? Certaines contraintes techniques, liées au fait qu’un film doit être projeté au cinéma comme sur l’écran de votre téléphone.

📍« La prévalence des images monotones et plates dans le cinéma et la télévision aujourd’hui est en partie due aux évolutions de la technologie des caméras et à un manque de travail soigneux de l’étalonnage des couleurs. » explique Laura Hillard, maître de conférences en cinématographie à l’Université de Salford.

🎥 Le diable s’habille en rose…


POINT | de bascule

Mais qui a volé les mots ?! 

Pendant que notre temps d’écran augmente, notre temps de parole s’écroule. Une étude réalisée par 2 psychologues américains révèle qu’entre 2005 et 2019, le nombre de mots prononcés au cours d’une journée a diminué de 28 %. Plus on est jeune, moins on parle. C’est chez les moins de 25 ans, plus enclins à échanger par messages, que la baisse serait la plus marquée. Les scientifiques avancent plusieurs explications : la faute aux nouvelles technologies, la montée de l’isolement social ou encore la disparition du small talk avec la caissière.

Pourquoi c’est un problème ? Parce que : « la communication orale favorise les sentiments d’appartenance et de compréhension ». 

📍 Le nombre de mots prononcés chaque jour diminue - TIME France

Pas de gros risques pour moi d’être atteinte par cette contagion 😁


LANGAGE | des oiseaux

Création Crée-action l’acte de créer, l’action inspirée

📌 Lalangue des oiseaux”, c’est une langue fictive, sonore et mystique, qui nous révèle le sens caché des mots.

○ UNE BOUFFÉE D’A I R

LA BOULETTE

Un été canicule, j’ai rendez-vous à 14 heures avec le PDG d’une grande entreprise, pour une interview de fond. Je termine de déjeuner chez moi, je relis mes notes… Mais au moment de partir, la carafe d’eau me glisse des mains et se brise en mille morceaux dans la cuisine. Rrrrh, je ramasse en vitesse, j’essuie, j’attrape mes clés de voiture et je file à mon rendez-vous. Au moment où je sers la main de ce patron classe et charismatique, je réalise soudain que j’ai oublié de… remettre mes chaussures. Il me dit, avec un grand sourire :

- Comme je vous envie ! Vous en avez de la chance de pouvoir travailler en tongs ☺️

Le diable s’habille en rouge écarlate…

📍 Racontez-nous une anecdote de bureau : contact@bekamba.fr

Kamba en fera peut-être votre moment de gloire dans la prochaine édition (anonymat garanti) .


AU BOULEAU

Les livreurs Amazone sont à fond, j’en ai doublé un dimanche soir.


CITATION DU JOUR

La mode se démode, l’allure est intemporelle.

Coco Chanel


PANORAMA

©Kai HORNUNG - "Beauté de Bruar", Bruarfoss, Islande©Kai HORNUNG - "Beauté de Bruar", Bruarfoss, Islande

« Être à l'extérieur pour photographier la nature me procure paix et harmonie. C'est comme un grand égaliseur pour une vie quotidienne bruyante et exigeante. » Kai Hornung


UN FILM

Mélanie, notre invitée du jour, nous recommande :

📍 Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma


UN LIVRE

Un jeudi saveur chocolat

de Michiko Aoyama

Dissimulé à l'ombre de cerisiers, le Café Marble à Tokyo ne compte que trois petites tables en bois brut. Pourtant les clients se succèdent dans ce havre de paix. Une mystérieuse femme y vient chaque jeudi pour rédiger une lettre en anglais devant une tasse de chocolat chaud.

Chacun arrive au Café Marble avec son histoire, perdu dans les nœuds de son existence, et trouvera dans ce lieu apaisant l'élan pour avancer sur le chemin tortueux de la vie.



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Le mot "Kamba" en Swahili ne désigne pas seulement la corde, mais l'art de relier.

Vous en voulez encore les alpinistes du quotidien ?

Il faudra attendre jeudi prochain.

Pour joindre la rédac’ et envoyer vos sujets : contact@bekamba.fr

Serge Marquis (Kamba 13) nous écrit :

Chère Valérie, juste une petite précision. J'ai tenté de faire corriger ce qui, j'ignore comment, est apparu un jour au bout de mon nom, en France : je ne suis pas « psychiatre ». J'essaie de modifier partout où je peux mais cela reste bien attaché. Enfin, je vous le dis, je ne suis pas psychiatre mais, comme vous l'avez si bien indiqué au début de votre texte : spécialiste en santé communautaire. C'est une spécialité qui n'existe pas en France. Quatre années d'études après le cours de médecine pour apprendre à travailler en amont des problèmes. Prévenir leur apparition... En ce qui me concerne, j'ai consacré ma vie à la prévention des problèmes de santé mentale. Voilà,  vous savez tout. Merci encore une fois.


🚩  Si vous lisez KAMBA, c’est probablement que votre to-do list ressemble à la face nord de l’Everest, que votre dernier fou-rire au bureau remonte à la création de la police Comic Sans MS. Bonne nouvelle : on est là pour vous alléger la charge.

Cette bouffée d’oxygène vous a aidé à respirer ?

Faites-la suivre à un ami.

 © Kamba, 2 bis rue Guynemer, 17100 Saintes - FRANCE (2026)

On est foutu, on bosse trop

Par Valérie DAVIET