🦓 Kamba n°17 : humour, altitude et cohésion

4 minutes et demie de pause récré-active.

On est foutu, on bosse trop
5 min ⋅ 28/05/2026

Bienvenue dans votre dose hebdomadaire de Kamba.

Chaque jeudi, une respiration de bureau bien méritée 🍃

Cette semaine, pour l’interview Oxygène, je reçois un spécialiste du lien humain.


🥾 VOTRE FEUILLE DE ROUTE KAMBA

3 rubriques = 3 rituels

1○ Vous relier à un Premier de cordée

2○ Prendre Un peu de hauteur

3○ Vous laisser glisser en une Une bouffée d'air

Bonne lecture !

Si vous lisez Kamba, c’est que vous êtes déjà en train de lâcher du lest.


1○ DU L I E N

PREMIER DE CORDÉE | L’interview oxygène

Chaque semaine : mettre en lumière un “guide” qui crée du lien et un chemin.

Arnaud GOULLIART

Réveiller le lien social

Cette semaine dans KAMBA, on s'attaque à une crevasse qui guette tous les travailleurs acharnés : le grand isolement. Ce moment où on est tellement la tête dans le guidon qu'on en oublie de porter attention à la cordée.

Pas de panique, il existe une solution puissante pour sortir de cet écueil : le LIEN. Notre invité de la semaine l’a exploré sous toutes ses formes.

Si KAMBA signifie la corde ou l'art de relier, Arnaud aurait pu inventer le métier de maître tisseur de cordées.

Actuel délégué général à la Fédération française pour les liens sociaux, ce Lyonnais d'origine ne rigole pas avec la solitude. Sa mission à lui ? Lutter contre l'isolement et faire en sorte que personne ne se retrouve coincé sur une corniche, tout seul, en pleine tempête.

🛠️ Pour sécuriser les chemins escarpés de la santé publique et du lien social, Arnaud a programmé le GPS sur 3 intentions claires et précises : ouvrir des voies, manager en participatif, se centrer sur l’humain.

Un premier de cordée qui aime l'action concrète et une approche basée sur la co-construction.

🛤️ Notre guide du jour partage avec nous ONZE pierres qui l’ont fait avancer sur son chemin.

🪨 Votre rituel imparable avant d'attaquer une “paroi” ?

—  Je découpe le défi en petits lots : la montagne devient alors une série de petites collines plus faciles à appréhender.

🪨 La “gamelle” qui vous a le plus aidé ?

— Arrêter "médecine" alors que j’étais bien classé au concours.

J’ai décidé de m’orienter vers le métier d’infirmier alors que j’étais en 2ème année de médecine. Je ne m'y retrouvais plus, la formation ne me plaisait pas. Je préférais un métier plus humain, plus pragmatique et arriver plus vite sur le marché du travail.

« La descente peut parfois être une autre forme de remontée. »

🪨 Votre “caillou” dans la chaussure ?

— Mon smartphone. J’avoue, je suis accro. Très connecté, que ce soit pour le pro ou le perso.

🪨 Où êtes-vous encore trop “sage” pour sortir du troupeau ?

— Dans les contacts avec les autres. Je ne suis pas assez dans le lâcher prise, dans la confiance spontanée, encore trop dans la maîtrise de l’image que je renvoie.

C’est peut-être dû à mon profil “sanitaire” : je reste dans le schéma patient|soignant, cette symétrie de la relation reste ancrée chez moi.

« Au regard de mon parcours et de ma culture, je me rends compte que j’aspire à soutenir les plus vulnérables. »

🪨 Votre décision la plus audacieuse prise au doigt mouillé ?

— Avoir quitté mon dernier poste.

J’étais directeur d’établissements dans le domaine de la santé mentale, bien payé. En tant que directeur de pôle, j’avais une centaine de personnes sous ma responsabilité. Deux ou trois mois après cette promotion, j’ai décidé de partir. C’était une décision mûrie. Il faut savoir passer la main, personne n’est irremplaçable. Et je vois aujourd’hui que les choses ont favorablement évolué sans moi, et c’est très bien.

« L’autre jour un entrepreneur me dit fièrement : j’ai fait mon business tout seul. Cela m’a rendu triste, je me suis dit : qu’est-ce que t’as loupé mon gars… ».

🪨 C’était quoi, votre dernière… première fois ?

— Déménager vers une autre ville (Vénissieux). Avec mon épouse, nous vivions à Lyon, ce n’est pas très loin mais c’est quand même pour moi un gros changement.

🪨 Ce qui vous redonne du souffle quand vous êtes à bout ?

— Le résultat. La réalisation.

J’ai besoin d’obtenir des choses tangibles, chiffrées, concrètes. Pour moi ça revient à voir la lumière au bout du tunnel ☺️

 La réaction de vos “apprenants explorateurs” qui vous touche le plus ?

Quand ils me disent que notre action leur a permis de changer les choses, qu’elle a été utile. Que leur vie est meilleure, qu’ils ont trouvé une issue, un sens.

Podcast : Et si la solitude était le mal du siècle, surtout chez les jeunes ?Podcast : Et si la solitude était le mal du siècle, surtout chez les jeunes ?

🪨 Le “mantra” qui vous pousse à rester vigilant ?

— Ce qui ne te tue pas te rend plus fort.

🪨 Trois objets de survie dans votre sac à dos ?

Mon smartphone (bien sûr), une pince pour ramasser les objets et ma canne.

(je souffre d’un handicap moteur, ce qui m’oblige à marcher avec une canne).

🪨 Avec quel “guide” (vivant) aimeriez-vous faire cordée ?

— Avec Matthieu Ricard.

J’ai eu la chance de le rencontrer en plusieurs occasions, notamment en conférence.

◆ ◆ ◆

Ancien infirmier en soins intensifs, en oncologie puis à domicile, Arnaud a repris ses études pour obtenir un Master en management des organisations sanitaires et sociales. Coordinateur en éducation thérapeutique, il prendra ensuite la direction de structures de santé publique.

Arnaud Gouillart fait partie des co-fondateurs de la Fédération française pour les liens sociaux. Cette association d’intérêt général se base sur des données scientifiques et s’inspire des meilleures pratiques internationales.

Délégué général de cette jeune fédération, Arnaud coordonne les projets nationaux, porte la voix des plus isolés auprès des institutions et cherche les financements. Sa mission l’amène, par ailleurs, à accompagner les organisations de la santé et du social. Son credo : en matière d’équilibre mental, le lien social peut prévenir et soigner.

La Fédération pour les liens sociaux

La solitude chronique n’est pas un problème personnel ou un trait de caractère.

C’est un phénomène sociétal qui peut concerner tout le monde, à tous les âges de la vie.

K  A  M  B  A  |  M  É  D  I  A
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N°17 — JEUDI 28 MAI 2026

2○ UN PEU DE H A U T E U R

UN POIDS | deux mesures

Solitude et isolement, c’est quoi la différence ?

L'isolement : c’est un constat, un fait ⇢ on est physiquement éloigné des autres. On a peu de liens avec sa famille, des amis, les collègues, les voisins, un club de sport ou une association.

La solitude : c’est un sentiment ⇢ on ressent du manque, on n’est pas nourri dans nos relations.

On peut être isolé sans se sentir seul. On peut se sentir seul en étant très entouré.


LA STAT | qui plombe

4 solitudes chroniques sur 10 chez les 18-24 ans.📍 Baromètre de la solitude

La solitude chronique a le même effet que fumer 15 cigarettes par jour. 📍OMS


LA PHRASE | qui relève

La solitude n’est pas un état permanent.

Les recherches montrent que la qualité de nos relations a un effet bien plus fort sur la santé et notre bien-être que la quantité de contacts.


EH OUI | Jammy

Il existe des ministères de la solitude.

Le Royaume-Uni est le tout premier pays au monde à avoir nommé un Minister for Loneliness en janvier 2018. Le Japon a suivi 3 ans plus tard : après une hausse alarmante du taux de suicide en 2020 (Covid) - touchant de manière disproportionnée les femmes et les jeunes.

La solitude : une affaire d’état… et d’État.


POINT | de bascule

La solitude au sommet : aveu de faiblesse ou acte de lucidité ?

La solitude du décideur, ça donne :

  • Seul aux commandes, on doit trancher et assumer = solitude décisionnelle

  • On peut pas tout dire à ses proches = solitude émotionnelle

  • On a une vision différente, inédite = solitude stratégique

  • Et même parfois, on sait plus pourquoi on fait ça = solitude existentielle

🏔️ Et si on changeait les codes…

Un leadership et des responsabilités qui ne seraient plus fondés sur la performance individuelle, la vision solitaire et la posture héroïque : ça donnerait quoi ?

✍🏻 Vous avez quatre heures.


LANGAGE | des oiseaux

Tous égaux… ou tous ego ?

Redescendons un peu sur TERRE 🦅 à notre point de gravité, celui qui nous donne cette conscience grave de notre condition. C’est là que réside l’appui pour nous DÉ-TACHER de notre ego-isme ENLEVER LES TACHES occasionnées par notre souffrance.

📌 Lalangue des oiseaux”, c’est une langue fictive, sonore et mystique, qui nous révèle le sens caché des mots.

3○ UNE BOUFFÉE D’A I R

LA BOULETTE

Estelle fait la saison. Elle travaille dans une épicerie fine haut de gamme à la montagne. Une cliente bon chic bon genre entre dans le magasin. La dame lui montre des saucissons et lui demande s’ils sont bien secs. Estelle lui répond :

— Oui, ceux-là ils sont bien « sexe ».

Sa collègue en rit encore.

Chaud le cisson.

📫 Si comme Estelle votre langue a fourché, ou si vous vous êtes pris un rateau ou que vous avez fait une grosse boulette au boulot, écrivez-nous : Kamba en fera peut-être votre moment de gloire (anonyme) dans la prochaine édition.

contact@bekamba.fr


CITATION DU JOUR

Notre tête est ronde pour permettre à la pensée de changer de direction.

Francis Picabia


PANORAMA

© Youenn HAZO – l’arbre de Wanaka sur l’île du Sud de Nouvelle Zélande© Youenn HAZO – l’arbre de Wanaka sur l’île du Sud de Nouvelle Zélande


UN DESSIN

Magazine : Version FeminaMagazine : Version Femina


UN DESIGN

Designer : Ariha RAILINGSDesigner : Ariha RAILINGS


UNE POLICE

Qui a dit que le fond était plus important que la forme ? ☺️Qui a dit que le fond était plus important que la forme ? ☺️


UN BOUQUIN

⛱️

Le soleil des Scorta

 de Laurent Gaudé



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Le mot "Kamba" en Swahili ne désigne pas seulement la corde, mais l'art de relier.

Vous en voulez encore les alpinistes du quotidien ?

Il faudra attendre jeudi prochain.

Pour joindre la rédac’ et envoyer vos sujets : contact@bekamba.fr


🚩  Si vous lisez KAMBA, c’est probablement que votre to-do list ressemble à la face nord de l’Everest, que votre dernier fou-rire au bureau remonte à la création de la police Comic Sans MS. Bonne nouvelle : on est là pour vous alléger la charge.

Cette bouffée d’oxygène vous a aidé à respirer ?

Faites-la suivre à un collègue.

 © Kamba, 2 bis rue Guynemer, 17100 Saintes - FRANCE (2026)

On est foutu, on bosse trop

Par Valérie DAVIET